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Chronique: La France taxée de soutien aux groupes armés en Centrafrique, vrai ou faux

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Le centrafricain lambda ne cesse de s’interroger sur le rôle de la France dans son pays la République centrafricaine, de la colonisation à aujourd’hui. L’on sait, la France reste le partenaire numéro 1 de la RCA, un partenaire privilégié en raison de beaucoup de paramètres. Pour appréhender ces paramètres, il suffit d’évoquer la raison culturelle qui lie ces deux pays (langue française partagée par les deux peuples), les nombreux accords (de défense) et les différentes interventions, aides et coopérations sur plusieurs domaines depuis bien longtemps.

Plus de trois décennies, la RCA n’arrive pas à se stabiliser, elle est toujours l’objet de rebellions, mutineries, coups d’Etat et maintenant le mercenariat voire le terrorisme suite à la prise de pouvoir de la coalition ‘’Seleka’’ (groupe rebelle) en mars 2013.

Toujours est-il, la France est la première à intervenir soit à la demande des dirigeants du pays, soit au nom d’un principe humanitaire sous la bannière de l’ONU. Le paradoxe est qu’à force de toujours intervenir en premier, elle est taxée de soutien aux groupes rebelles pour des raisons politico-économiques. Des intentions et accusations lui sont portées et on le considère en Centrafrique comme bouc-émissaire de la situation instable sur le plan sécuritaire, politique et socioéconomique de ce pays depuis toujours parce qu’elle constitue sa chasse gardée.

Une bonne interrogation serait de savoir si les allégations et accusations portées à l’égard de la France qui consistent à maintenir la RCA dans l’instabilité sont-elles fondées en droit et en fait ? Peut-on affirmer que le peuple centrafricain en a vraiment marre de la France ? Si oui, quels en sont les facteurs explicatifs ?

Il y a quelques jours, les forces de la MINUSCA, coalisées aux forces de sécurité intérieure centrafricaine, ont lancé une offensive contre un groupe de bandits dans le km5, quartier très surveillé de Bangui. L’objectif était de traquer les chefs de cette bande, le fameux Nimery Matar alias ‘’Force’’ (cible 1) et de mettre un terme à leur rackettage contre des populations civiles et commerçantes. L’offensive a été émaillée de violences et de morts dans les rangs des bandits et de la population civile sans pouvoir arrêter le chef de la bande ‘’Force’’. Quelques jours après cette opération, des tracts ont été diffusés et le drapeau français brandi dans ce quartier. Il s’agit des partisans de ces bandits qui affirment être soutenus par la France. Informer, l’ambassade de France en RCA a démenti ces tracts et met en garde contre des accusations de connivence aux groupes armés portées sur elle par bon nombre de centrafricains.

Tout compte fait, pouvons-nous croire au démenti de l’ambassade de France ? Tout comme les tracts des bandits, peut-on les considérer de vrai ou de faux ?

Difficile de répondre à ces questions avec certitude. Une chose est certaine, en droit, sans preuve matérielle, l’on ne peut juger quelque chose. Mais dans les faits et les intentions, l’on peut quand même se préoccuper sur le jeu de la France dans ce pays depuis toujours. Il est important de le rappeler, le passé de la France en Centrafrique est assez problématique sur le plan politique. Elle s’est impliquée dans plusieurs manœuvres de déstabilisation de ce pays de régime en régime dont certaines sont avérées, d’autres camouflées. L’on sait combien le rôle de la France dans la résolution de conflits centrafricains est assez controversé du fait des injonctions de ses représentants diplomatiques à l’égard des dirigeants du pays, mais aussi de ces manipulations vis-à-vis des groupes armés et populations dont il est difficile de prouver, mais consciemment, ils le savent.

Dès-lors, La Centrafrique doit-elle rompre les relations avec la France au profit d’un autre partenaire comme avait fait le Rwanda ? Ou bien, n’est-il pas simplement temps que le peuple centrafricain à travers ses dirigeants joue à la franchise devant cette puissance ?

Ces questions peuvent faire l’objet d’un ouvrage. Mais en attendant, le peuple se préoccupe de son avenir du fait des manipulations politiques nationales, internationales et étrangères qui se jouent à son encontre de façon cachée. Rien que la paix, nous exigeons !

William Dehou, Juriste chroniqueur Nantes le 19 avril 2018

 

 

 

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