Home 10 a la une 10 Chronique: Que sont devenus les candidats à la dernière présidentielle en RCA ? Les prochaines élections auront-elles lieu en 2020 ou en 2021 ?

Chronique: Que sont devenus les candidats à la dernière présidentielle en RCA ? Les prochaines élections auront-elles lieu en 2020 ou en 2021 ?

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Les élections en Afrique en général sont parfois problématiques du fait de plusieurs paramètres qui sont, entre autres, les irrégularités dans le déroulement des processus, des tensions entre les militants des candidats, des retards, des interventions des experts et observateurs étrangers, mais aussi du phénomène de la spontanéité des candidatures avec des candidats parfois surprise ou encore des candidats de circonstance et ‘’faroteurs’’ (distributeurs de billets de banque pour acheter des voix).

Notre pays la RCA n’en est pas épargné de quoi nous rappelle les dernières élections couplées (présidentielle et législatives) de 2015 ayant conduit à l’élection de Faustin Archange Touadera en février 2016 suite à un second tour entre lui et son challenger DOLOGUELE, l’actuel chef de file de l’opposition du fait simplement de ses nombreuses prises de position sur la situation du pays. Cette présidentielle centrafricaine s’est vue enregistrer plus de 30 candidats dont certaines candidatures ont même été écartées à l’avance pour critères non conformes.

Depuis la fin de ces élections, on constate que, hormis Dologuele député à l’assemblée nationale, les autres candidats, aussi attractif en termes de compétences et de moyens, ont disparu de la scène. C’est pourquoi on se demande que sont-ils devenus ? Sont-ils entrain de se préparer pour les prochaines échéances électorales ou sont-ils simplement épuisés financièrement et intellectuellement pour se montrer plus compétitifs dans la conduite des affaires du peuple ? Faire de la politique, c’est seulement se présenter à une élection et après disparaître ?

Autre chose, beaucoup des centrafricains, surtout ceux de la diaspora, dans leurs parades sur les réseaux sociaux, ont tendance à dire « la prochaine élection de 2021 ». On se demande, pourquoi une telle confusion autour des élections prochaines qui légalement devront avoir lieu en 2020 au lieu de 2021 ? En disant toujours 2021, n’est-il pas là une caution aux autorités qui pourraient faire retarder le calendrier des échéances prochaines à des dates parfois rallongées ? Est-ce simplement le fait que le second tour ait eu lieu en février 2016 et que l’investiture du président de la république ait été effective en mars 2016 que le commun de mortel pense que les élections dans le pays avaient lieu en cette année là (2016) ?

Bien ! On va commencer aux dernières questions sur la confusion autour des prochaines élections en soi-disant 2021. A notre connaissance, une loi, telle qu’elle soit (décret, arrêté, ordonnance, texte parlementaire etc), entre en vigueur lorsqu’elle est promulguée par le chef de l’Etat par un décret d’application et prend effet à compter de la date de sa signature. Les dernières élections dans notre pays ont été effectives en décembre 2015 suite à un décret de la chef de l’Etat de la transition de l’époque ayant convoqué le corps électoral et même lancé en même temps les campagnes qui se sont même déroulées avant décembre 2015.

Comme prévu par le code électoral, un possible second tour avait lieu et a été organisé en février 2016 puis l’investiture en mars. Dès lors, il ne faut pas confondre l’investiture à l’élection proprement dite. L’investiture quant à elle, constitue un acte solennel qui entérine la prise de fonction officielle du président élu sur la base de laquelle la cour constitutionnelle ouvre son compteur pour le mandat du président mais cela ne voudrait pas dire que les prochaines élections auront lieu à ce même moment.

C’est comme aux Etats-Unis où Donald Trump a été élu en novembre 2016, mais a été investi président en 2017. Cela ne signifie pas que la prochaine présidentielle américaine aura lieu en 2021 sachant que la présidentielle aux Etats-Unis, c’est tous les 4 ans. Même situation en RCA qui a débuté ses élections en 2015, donc les prochaines élections dans le pays partiraient de la base de 2015, ceci dit 2020 et non 2021 qui est une simple confusion et une méconnaissance des règles en la matière. Mais peut-être l’investiture qui pourrait s’étendre à 2021 et ce serait parfait, le temps que le nouvel élu se prépare à prendre ses fonctions dans la dignité et la légalité.

Pour finir sur la situation des candidats après les élections, on dirait simplement et en peu de mots que faire de la politique en Centrafrique, c’est seulement trouver une place et s’asseoir mais pas pour engager des stratégies de développement au simple motif que tous ces candidats sont soit dans le gouvernement (exécutif et législatif) ou soit retranchés dans leurs lieux de résidence et de job habituels qui parfois montrent leur indifférence face aux problèmes qui touches le pays alors qu’ils étaient plus actifs et beaux parleurs avant et pendant les campagnes. Ils n’attendent que les prochaines échéances pour revenir jouer au « faroteurs » avec de l’argent emprunté. Pathétique !

William Dehou, Juriste chroniqueur, Nantes le 24 août 2017

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